Arrogants, irrespectueux, colonialistes... La liste est longue des qualificatifs qu'on associe à cette vague de Français venue s'installer à Lisbonne ces trois dernières années.
Les Français vivant au Portugal depuis longtemps, dix, vingt ans, toute une vie ou presque, et revendiquent leur identité lisboète autant que leurs racines françaises, sont ceux qui s'en plaignent le plus.
Cette antériorité et ce sentiment d'appartenance à leur ville d'adoption, ils la défendent férocement parce qu'elle les distingue de ces usurpateurs d'identité comme certains les appellent, ces autres Français fraîchement séduits par les sirènes de la vie lisboète et à qui ils ne veulent pas être associés.
Voilà l'idée que les Lisboètes se font de cette déferlante bleu blanc rouge : des Français fatigués d'une France qu'ils ont délaissée, mais qui n'essaient pas d'apprendre à être autre chose que Français.
C'est ce désintérêt apparent pour la culture portugaise qui est le plus critiqué par leurs compatriotes franco-lisboètes, quand bien même tous sont venus là pour la même raison, la douce vie méditerranéenne.
On ne peut pas leur reprocher de vouloir mieux vivre ou faire de l'argent, il ne faut pas être hypocrite.
Par contre, il y a un vrai problème de comportement.
Ils arrivent ici en terrain conquis, ils n'apprennent même pas la langue et ne s'approprient que ce qui les intéresse.
Les autres nationalités ne se comportent pas comme ça, qu'est-ce que c'est que cette mentalité?
Au fond, nous voulons simplement protéger notre paradis.
La french touch a certainement perdu de son éclat dans la ville blanche d'Alain Tanner, et les anciens Franco-Lisboètes de leur exotisme.
Pour beaucoup, la success story de Lisbonne a déjà un goût amer et des couleurs de désenchantement.
Si la peur de voir leur ville dénaturée les rend paradoxalement francophobes, peut-être ont-ils raison de s'interroger : que restera-t-il de Lisbonne demain?