L’immigration lusitanienne en France a débuté au XVIe siècle, elle a commencé pour des raisons religieuses.
À cette époque, le Portugal comptait un million d’habitants, une partie de la population (10%) était juive, et en 1496, sous l’influence de l’Espagne et de la Grande Inquisition menée par Torquemada, le roi du Portugal leur a donné le choix : se convertir au christianisme ou quitter le pays.
Beaucoup ont fait croire qu’ils s’étaient convertis, mais, en réalité, ils pratiquaient le judaïsme en cachette, ils étaient appelés les marranes.
2.000 d’entre eux ont été assassinés à Lisbonne en 1506, ils ont été nombreux à choisir l’exil, et ils se sont notamment tournés vers la France et le sud-ouest, Bayonne et Bordeaux.
La deuxième grande vague d’immigration a eu lieu à la suite de la Première Guerre mondiale où plus de 30.000 soldats portugais ont combattu aux côtés des Alliés, à la fin du conflit, beaucoup de soldats ont choisi de rester en France où il y avait du travail mieux payé qu’au Portugal.
En dix ans, la population lusitanienne a été multipliée par cinq en France.
Elle a encore augmenté de manière drastique après la guerre 39-45, pour deux raisons, la première est liée au besoin de reconstruire la France, ravagée par le conflit, la main-d’œuvre locale ne suffisant pas.
L’autre raison, c’était la dictature du général Salazar, pour échapper à la répression, à la crise économique qu’elle engendrait et, pour beaucoup de jeunes, au service militaire obligatoire, c’était direction la France.
Durant la période des Trente Glorieuses, de 1945 à 1973, l’année du choc pétrolier, environ 900.000 Portugais sont arrivés chez nous, ils se sont principalement installés en Aquitaine, où 31 villes sont jumelées avec des villes portugaises, du côté de la région Rhône-Alpes et dans le Val-de-Marne, département historiquement lusitanien.