Certes, ces deux concepts, l'un religieux, l'autre ethno-sociologique, sont très voisins l'un de l'autre puisque l'Islam est né chez les Arabes et qu'il fut, au début, propagé par eux.
Les pays de l'Afrique du Nord sont aujourd'hui des Etats musulmans qui revendiquent, à juste titre, leur double appartenance à la communauté musulmane et au monde arabe.
Ce changement culturel, qui peut passer pour radical, ne s'est cependant accompagné d'aucune modification ethnique importante : ce sont bien les mêmes hommes, ces Berbères dont beaucoup se croyaient romains et dont la plupart se sentent aujourd'hui arabes.
Tous les Berbères auraient pu, comme les Perses et les Turcs, être islamisés en restant eux-mêmes, en conservant leur langue, leur organisation sociale, leur culture.
Pour répondre à ces questions, l'historien doit remonter bien au-delà de l'événement que fut la conquête arabe du VIIe siècle.
Cette conquête, si elle permit l'islamisation des pays conquis, n'a pas permis à ceux-ci de devenir immédiatement arabes.
Les provinces romaines d'Afrique, qui avaient été évangélisées au même rythme que les autres provinces de l'Empire romain et qui possédaient des églises vigoureuses, aient été entièrement islamisées alors qu'aux portes de l'Arabie ont subsisté des populations chrétiennes.