Il y a cette responsabilité : comment faire pour cela ne se reproduise pas.
La dimension de la répétition est présente dans l'événement lui-même.
La première responsabilité vertigineuse devant le déclenchement d'une guerre qui semble répéter le passé n'est pas seulement lutter contre son extension présente, contre ses effets terribles, de marquer du respect vis-à-vis des injustices et des morts violentes, mais c'est aussi de, sur le moment même, comprendre comment faire pour éviter que cela ne se répète.
Il y a ce risque de la répétition et cette responsabilité, donc cette capacité à faire que cela puisse ne pas se répéter.
Il y a des guerres dont on peut penser que malgré leur caractère tragique, apparemment inexpiable, avec des rivalités qui montent aux extrêmes, comme dans la "théorie de la violence" de René Girard, il y a cette capacité malgré tout à surmonter les guerres.
Éviter les répétitions de l'histoire, c'est la condition de la paix et de la justice.
Cela suppose de répondre à cette injonction ancienne, l'idée que "connaître son passé est la seule manière de ne pas le revivre."
Éviter cette répétition négative est la condition d'un revivre qui soit vraiment positif, qui ne soit pas le déni de la tragédie, qui se construise sur son refus permanent, et qui permette de reconstituer des relations réelles, car le lien ultime entre les humains, c'est cette construction d'un lien commun dans un monde partagé.