La culture de Yamna, ou culture des tombes en fosse, a été popularisée par l’archéologue Marija Gimbutas dans le cadre de son « hypothèse kourgane » en 1956, en tant que foyer le plus probable des locuteurs du proto-indo-européen, la langue qui serait l’ancêtre de la plupart des langues européennes actuelles mais aussi de l’iranien et d’une partie des langues parlées dans le sous-continent indien, dont le sanskrit, langue sacrée de l’hindouisme.
Cette culture de pasteurs nomades a existé environ entre -3300 et -2600 dans un espace appelé steppe pontique-caspienne, allant du sud de l’Ukraine aux rives de la Volga en Russie.
Elle fut découverte par Vassili Gorodtsov à la suite de fouilles archéologiques au bord de la rivière Donets en 1901-1903 et possède des liens indéniables avec les cultures archéologiques steppiques qui l’ont immédiatement précédée de Sredny Stog et de Khvalynsk, et encore en amont la culture de Samara sur les rives de la Volga.
Son nom est issu de sa tradition funéraire particulière : Я́мная (en alphabet latin : yamnaya) est un adjectif russe signifiant « lié aux fosses » (yama), car ce peuple enterrait ses morts dans des tumuli (« kurgan », un mot turc) contenant de simples chambres à fosse.
Les Yamnayas ont un mode de vie pastoral nomade et montent à cheval.
Ces deux caractéristiques leur ont donné un avantage certain dans la mobilité, qui leur a permis de se déployer rapidement sur une étendue vaste de 5000 kms entre l’Europe centrale et la Sibérie.
Dans le même temps que la naissance de la culture des tombes en fosse dans la steppe ponto-caspienne apparut en Sibérie méridionale dans la dépression de Minussinsk la culture d’Afanasievo, identique à la culture des tombes en fosse tant sur le plan génétique qu’archéologique.
Ultérieurement, des sites archéologiques apparentés aux Yamnayas fleurirent le long du Danube vers l’Europe centrale, en Serbie avec la culture de Vučedol, et plus au sud dans les Balkans.
Des squelettes de l’âge du Bronze ont révélé que les Yamnayas furent les premiers cavaliers de l’Histoire !
Plusieurs approches complémentaires ont été utilisées pour savoir où et quand a pu avoir lieu la domestication du cheval, véritable révolution dans l’histoire humaine.