La culture Yamna est identifiée au peuple Yamna, un nom inventé par les archéologues, à partir de l’ukrainien yamna kultura, « culture des fosses ».
Cette culture s’est épanouie vers 3000 avant J.-C en Ukraine et alentour, dans le biotope de la steppe pontique, entre Caucase, Carpates, Oural, Mer Noire et Mer Caspienne.
Elle a été révélée au siècle dernier par les chercheurs soviétiques, qui ont mis à jour des tombes géantes, les kourganes – collines de terre artificielles abritant un prince entouré de son char et de ses armes.
Les Yamnas sont en effet les moteurs de la culture de la céramique cordée : parmi les haches et les grandes massues qui décorent les tombes, les restes humains séquencés par Reich révèlent une population à 70 % d’origine yamna.
Sur le plan économique, ce peuple des riches prairies d’Ukraine a été partie prenante de ce que l’archéologue Andrew Sheratt a appelé la « révolution des productions secondaires de l’âge du Bronze », c’est-à-dire l’usage renforcé des animaux pour la nourriture, le travail de la terre et la locomotion.
Selon Reich, ce sont les Yamnas qui ont diffusé cette révolution sur notre continent, apportant le cheval, la roue et le goût du lait, permettant ainsi de mettre en pâture des espaces délaissés et d’accroitre la production alimentaire.
Sur le plan culturel, Reich attribue aux Yamnas la diffusion des langues indo-européennes, c’est-à-dire de la totalité des langues européennes, moins 3 (le basque, le hongrois et le finnois).
Il montre aussi que la civilisation hindoue est issue de la « rencontre », vers -1500, entre des envahisseurs d’ascendance yamna venus de l’ouest et les populations autochtones.