Il ne reste que bien peu de chose des langues qu'ils parlaient.
On les trouve essentiellement dans les lexiques de la nature et des activités agricoles qui faisaient leur quotidien: l'alouette, le blaireau, le bouc ou la truie nous viennent des Gaulois, de même que le bouleau, la bruyère, le chêne, la jachère, le sillon, le soc de la charrue… et d'ailleurs la charrue également, ainsi que le chariot, le char et le carrosse car les Gaulois étaient des charrons fort habiles.
C'est ainsi, explique l'auteur, qu'ils ont imposé leur terminologie dans ce domaine, un peu à la manière dont nous employons aujourd'hui smartphone ou hackeur parce que les Américains dominent les nouvelles technologies.
Et puis, de manière surprenante, il y a un autre mot, d'un univers nettement plus chic, que nous ont légué les Gaulois… c'est l'ambassadeur.
Les Gaulois étaient querelleurs et divisés en une multitude de tribus.
Voilà pourquoi ils ont eu l'idée de désigner des représentants, histoire de remplacer les combats par la négociation: bref, ils ont inventé les ambassadeurs.
Mais finalement, c'est bien le latin qui a écrasé les langues gauloises.
Les Romains, après avoir conquis la Gaule, ont-ils empêché les Gaulois de parler leur propre langue?
Pas du tout.
Ils se sont contentés de faire du latin la langue officielle de l'Empire, ce qui en a fait la langue de la promotion sociale.
Les plus ambitieux des Gaulois n'ont pas mis longtemps à s'adapter en apprenant l'idiome du vainqueur,
conclut Michel Feltin-Palas.
Ainsi, peu à peu, parler gaulois est devenu ringard.
Et voilà pourquoi, deux mille ans plus tard, notre français descend beaucoup plus du latin… que du gaulois!