La cause de leur disparition est malheureusement assez traditionnelle : c'est la rencontre avec l'extérieur.
Lorsque le monde non-polynésien a découvert cette île vers 1722, il a apporté avec lui des maladies pour lesquelles les habitants n'avaient pas d'immunité.
Il va procéder à des exactions et à des raids esclavagistes.
Les Occidentaux sont allés puiser dans la population de l'île de Pâques du personnel bon marché pour le continent Nord-américain.
Avec leurs armes à feu, les envahisseurs ont vite eu le dessus.
Il s'est passé ce qui est arrivé aux Indiens en Amérique du Nord, ou d'Amérique du Sud et un peu partout.
Les rencontres de ce type, même avec de bonnes intentions derrière, sont rarement des choses dont on sort indemne.
Et puis, il y a la rencontre culturelle.
Sur l'île de Pâques à la fin du XIXe siècle, il reste une centaine de personnes.
Heureusement, il existe une diaspora : des habitants ont réussi à fuir cette île de Pâques aidés par certains missionnaires.
Ils se sont réfugiés à Tahiti ou dans les îles Gambier.
Les habitants de l'île de Pâques ne sont pas coupables de ce qui leur est arrivé à la fin du XIXe siècle.
Evoquer une surexploitation des ressources qui pourraient conduire à notre perte comme les Rapa nui de l'île de Pâques, n'a pas sens.
Ce n'est pas ce qu'il s'est passé.
Et puiser dans l'histoire des leçons de morale pour les temps contemporains est absurde.
Nous ne faisons pas subir à la planète, ce que ces gens ont fait à leur milieu.
Nous ne sommes pas dans le même contexte culturel.
Nous n'avons pas la même nécessité.
À l'époque, ils vivent avec une manière traditionnelle de voir l'agriculture.
Aujourd'hui, notre agriculture est intensive, nous avons le sens de la propriété privée et nous vivons dans un contexte d'Etat-nations.
La leçon est, en elle-même, dérisoire.
Surtout, les habitants de l'île de Pâques n'ont pas détruit l'environnement.
Ils ont subi des modifications et ils s'y sont adaptés.