Eschyle est connu car il est à la fois le dernier poète archaïque et le combattant des temps nouveaux, il a tiré parti des conceptions anciennes de la fatalité, mais il a aussi introduit des conceptions nouvelles et essayé, tant bien que mal, de concilier les deux.
La fatalité est une idée archaïque, liée à la religion primitive et dont la Grèce classique se libère peu à peu.
Les Grecs, se refusant au « suspense » trop facile qui viendrait de l'ignorance des faits à venir, préfèrent, en reprenant des légendes connues de tous, représenter la lutte inégale entre l'homme et son destin.
Dans le monde sanglant qui sert de toile de fond à la tragédie d'Eschyle, la fatalité est une force aveugle qui s'impose aux dieux comme aux hommes, elle s'exprime par un engrenage de meurtres et une Némésis qui rend tout bonheur aléatoire et ne permet que la résignation.
Cette idée rejoint la conception archaïque et aristocratique, qui ne reconnaît de réalité qu'au yévoç : l'individu n'existe.