L’est de la Turquie a longtemps été considéré comme la périphérie d’un pays centré sur l’ouest où se trouvent l’ancienne capitale et unique mégalopole du pays, Istanbul, ainsi que les villes d’Ankara, Izmir ou Bursa.
La région orientale constitue le débouché de la péninsule anatolienne sur le reste de l’Asie, et s’étend essentiellement sur les montagnes du haut-plateau arménien, et la Haute-Mésopotamie au sud, région de plaine coupée en deux par la frontière avec la Syrie.
Administrativement, elle comprend une vingtaine de provinces réparties entre l’Anatolie orientale et l’Anatolie du Sud-Est.
Longtemps disputée avec les empires russe et perse, promise aux États arménien et kurde créés par le traité de Sèvres, la région a été définitivement insérée dans la Turquie moderne par Atatürk.
L’est de l’Anatolie est ainsi un espace concentrant la quasi-totalité des frontières terrestres de la Turquie, frontières contestées sinon menacées quand les autres, du côté européen, ne le sont guère.
Depuis la création de la République, et en dépit de son ancrage au reste du pays, la région demeure une périphérie encore largement marginalisée, qui renvoie les Turcs à leur crainte du dépècement : au fameux « syndrome de Sèvres ».
Comme le reste de l’Anatolie, l’Est est une région historiquement très diverse sur le plan ethnique.
Dès l’Antiquité, passe et s’installe une mosaïque de peuples dans un espace successivement dominé par plusieurs empires et civilisations – dont les Turcs à partir d…