On extrait de certaines plantes un colorant par macération ou décoction et cuisson. Puis ce bain coloré est filtré. On y rajoute un mordant qui peut être de l'alun ou de la lessive de cendre de châtaignier, de l'urine, de la crème de tartre. Les pierres se broient pour être réduites en poudre. Si elles ont été choisies sans impureté, il est tout à fait possible de les utiliser tout de suite. Sinon il convient de les laver. Le broyage s'effectue dans un mortier et doit être différent d'une pierre à l'autre. Certains minéraux trop broyés perdent leur belle couleur, le lapis par exemple. Les membres de l'association ont entrepris, depuis plusieurs années, de fabriquer leurs propres couleurs suivant les techniques d'époque. Pour être utilisables, les terres se lavent afin de les débarrasser des impuretés. Ensuite elles sont décantées pour séparer le pigment du sable de quartz. Si le décantage est bien effectué, la poudre est extrêmement fine. Les noirs sont obtenus par calcination en milieu clos, c'est à dire dans un récipient fermé. La matière est alors friable, il suffit de la broyer. La préparation des végétaux est le règne qui procure le plus de couleurs mais elles sont malheureusement de toutes les plus fugaces. Les pigments et colorants sont extraits de végétaux, de minéraux, ou bien d'animaux. Certaines couleurs sont également fabriquées par des procédés se rapprochant de l'alchimie, nous les nommerons "pigments artificiels". Pour récupérer la couleur, il suffit de déposer un morceau de piécette dans un godet avec un peu d'eau. Si l'on désire qu'une couleur ait du corps, il faut mélanger à ce bain coloré une charge : os de seiche pilé, craie, poudre de marbre... La préparation est décantée, l'eau est jetée. Après séchage, la couleur s'est fixée sur la poudre, c'est une "laque". Sa teinte est plus claire mais sa conservation facilitée. Les couleurs obtenues peuvent être conservées sur des morceaux d'étoffe que l'on teint dans le bain, on les nomme "piécettes".