Les différences de phénotype à l’origine de la notion de race.
Jusqu'aux premiers siècles de notre ère, du fait de leur relatif cloisonnement géographique, les hommes n'ont guère eu conscience des différences liées au phénotype.
Une première prise de conscience de ces différences apparaît dans le monde arabo-musulman quand celui-ci se confronte aux populations subsahariennes.
Il s'ensuit la naissance du préjugé de couleur.
Bien plus tard, au XVIIe siècle, les premières grandes explorations maritimes et la rencontre de nouvelles civilisations conduisent les Européens à constater des différences de phénotype entre les êtres humains selon leur origine géographique : Européens, Méditerranéens, Amérindiens, Africains, Chinois, Tamouls, etc.
Au siècle suivant, des savants vont tenter de classifier les êtres humains selon la couleur de peau, les cheveux, etc. voire la morphologie du crâne.
C'est alors que le mot « race », jusqu'alors très flou, en vient à désigner chaque groupe humain défini par un phénotype particulier.
Ainsi, dans Systema naturae (1758), le grand savant naturaliste suédois Carl von Linné identifie au sein de l'espèce humaine quatre variétés principales : Blancs, Noirs, Jaunes, Rouges en attribuant à chacun un caractère spécifique : sanguin, flegmatique, mélancolique, colérique!
De fil en aiguille, les savants en arrivent à une hiérarchisation des races au sein de l'espèce humaine.
C'est ainsi que le médecin allemand Johann Frierdich Blumentach situe en 1795 la race « caucasienne » (la sienne!) tout en haut de la hiérarchie humaine.
Le découpage racial du recensement de 2020 aux États-Unis découle de cette représentation puisqu’il distingue cinq races dont trois sont prédominantes : les Blancs, les Afro-Américains et les Asiatiques forment 96,6% de la population.