Et pourtant, en l’espace de quelques mois, au cours du XVIe siècle, cet empire de huit millions d’individus s’est effondré. Celui-ci traverse une période de troubles internes quand le conquérant espagnol Francisco Pizarro arrive. Les rivalités entre les deux fils héritiers de l’Inca ont tourné à la guerre civile. Avec moins de 200 hommes armés, Pizarro parvient à prendre le contrôle du territoire. Le 16 novembre 1532, il capture puis exécute l’empereur Atahualpa. Un an plus tard, il fait son entrée dans Cuzco, mise à sac. Le temple du soleil est détruit et les tombes des souverains incas sont profanées.
Une culture toujours vivante« La présence des envahisseurs a été dramatique par l’ampleur des atrocités commises, mais aussi parce qu’ils ont apporté des maladies inconnues, comme l’influenza, la rubéole, la varicelle, qui ont provoqué des morts en masse, souligne Gabriela Recagno Browning, rappelant que Cuzco aurait alors perdu 40 % de sa population. Pour autant, la culture inca, qui a livré des joyaux d’architecture, n’a pas totalement disparu. « Les ethnies perdurent, le quechua est toujours parlé », se réjouit l’anthropologue.