Le pays s’est trouvé à trois reprises sous occupation étrangère depuis 1940.
C’est ce même immeuble, dans la vieille ville de Riga, que la Lettonie indépendante et libre a choisi, en 1993, pour raconter l’histoire terrifiante des trois occupations étrangères qu’elle a subies.
Les deux totalitarismes qui se sont imposés par la force en Lettonie ont laissé des traces.
L’URSS, d’abord.
Le 16 juin 1940, l’URSS envahit l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, une partie de la Roumanie et une partie de la Carélie, en Finlande.
Double invasion
Deux mois plus tard, les Pays baltes sont intégrés dans l’URSS.
Le 22 juin 1941, l’URSS est envahie par les Nazis, dans la cadre de l'opération Barbarossa.
L’espoir aurait pu renaître à la fin de la guerre en Europe, mais en octobre 1944, c’est l’URSS qui chasse les Nazis.
La Lettonie, avec l’Estonie et la Lituanie, retombe sous le contrôle de Moscou.
La Lettonie a compté jusqu’à 10 000 Frères de la forêt.
La plupart seront déportés, tout comme des opposants politiques, les familles dites « bourgeoises » ou les paysans résistant à la collectivisation de l’agriculture.
Au total, un tiers des Lettons sont morts, estime Riga, entre 1945 et 1991, victimes de meurtres politiques et de déportations au Goulag.
C’est cette histoire dramatique que le Musée des occupations raconte par le biais de cartes, de reconstitutions, d’objets personnels, de photos ou de films.
Pour parler aux anciens occupants, sans doute ; pour toucher, aussi, tous les Lettons qui ont dû abandonner leur patrie, pour fuir les déportations et les meurtres.
On les trouve principalement aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Grande-Bretagne et en Suède.
Cette importante diaspora a maintenu pour ses nationaux un espoir de changement et combattu pour sauver la langue lettonne, menacée par la russification.